Indochine 1951
HUE
PHU-BAÏ

 

 


Aérodrome de Hué Phu-Baï

Les six mois qui vont suivre ce voyage resterons les meilleures de mon séjour en Indochine.
L'ambiance dans le détachement de HUE PHU-BAI était très bonne. Dépendant de l'ELA 52 SAÏGON nous étions pratiquement autonomes.
Le Lieutenant UNAL, pilote commandait le détachement. Simple, humain, il favorisait cette bonne ambiance
Son adjoint, pilote également était le Sergent-Chef André BELLOUARD.
Que dire de BELLOUARD ? J'ai effectué 81 vols avec lui durant mon séjour et il restera pour moi l'homme, le pilote tel que je pouvais le conçevoir après avoir lu SAINT-EXUPERY.
Des hommes capables de faire passer la vie des autres avant la leur, j'ai appris alors que cela éxistait.
Cet exemple aura beaucoup influé sur la suite de ma vie.



le Lieutenant UNAL dans un Nord 1000

le Sergent-Chef André BELLOUARD


 

Nous étions trois mécaniciens : TOMASI, ERNST et moi pour sept avions, 3 Nord 1000, 3 Morane 500 et 1 Stinson L 13. Nous étions très sollicités. Entretien, dépannages et vols quotidiens.


L'équipe de Hué - Mécanos de l'ELA 52 et du GAOA


 

Ces six mois passerons très vite, avec pour ma part plus de 100 heures de vol et 24 missions de guerre; surtout des évacuations sanitaires.
Les journées commençaient au lever du jour et se terminaient à la nuit tombée.
Quelquefois isolés par des actions "Viets" (Routes et téléphones coupés), nous étions obligés la nuit de contacter Hué par radio toutes les heures et le jour venu nous reprenions le travail.
Pas une journée de repos, pas une visite en ville, totalement pris par ce que nous avions à faire. Je n'ai jamais entendu quelqu'un se plaindre.
Pour ma part, j'avais perdu 12 kilogs depuis mon arrivée à SAÏGON.
Nous étions tous passionnés par l'aviation et cette vie nous paraissait normale.



Le retour à SAÏGON début septembre se fera par avion-stop (un BEECHCRAFT du Haut-Commissariat). Le Commandement de l'ELA SAÏGON qui avait changé entre temps, m'avait complètement oublié...
A TAN SON NHUT, nous étions trois mécaniciens rapatriables : MURZEAU, DUVIGNEAU et moi.
Pendant les deux semaines qui précèderent notre embarquement, il nous est clairement fait comprendre que nous n'intéressons plus personne.
Dans ce lapse de temps, l'Escadrille reçoit la Croix de Guerre. Nous ne sommes invités ni à la cérémonie, ni au pot qui la cloture.
A nous trois nous totalisions environ 140 missions de Guerre !
Dépités, nous allons au foyer nous offrir l'apéritif.