Indochine 1951
LE JOURNAL
3. Cap sur la mer de Chine

 



Samedi 10 février

Il y a un an aujourd'hui je partais de Marseille. Le temps a passé assez vite.
Il est vrai que nous avons peu de temps pour penser en dehors du travail.

 


Départ pour DONG HOÏ


 

Nous décollons vers 9h00 et arrivons à DONG HOÏ, sur la mer de Chine vers 11h30 après avoir franchi la Cordillière Annamitique qui à cet endroi ne dépasse pas les 2000 mètres d'altitude. Le point culminant beaucoup plus au sud est à 2600 mètres.
Nous sommes donc en ANNAM.
Tout est bouché et nous sommes obligés de chercher un autre terrain plus au sud. Nous trouvons QUAN TRY et nous nous posons.
Il n'y à pas d'essence. Nous repartons pour HUE ou nous avons un détachement de l'ELA 52.
Arrivée à HUE après 5h20 de vol depuis SENO. Là, nous retrouvons des amis. BELLOUARD un pilote et ERNST un mécanicien. L'accueil est chaleureux.




l'accueil des amis à Hué


avec Jacomino et Bellouard devant un Bristol



L'après -midi, nous allons en ville.
L'Aérodrome se nomme PHU BAÏ, il est situé à 13 kilomètres au sud de HUE.
La région est plate et plutôt désertique. C'est une bande située entre la mer de Chine à l'est et la Cordillière à l'ouest.
Après une visite rapide de la ville et un passage chez le coiffeur, nous dinons au restaurant et couchons à l'escale.

 


Aérodrome de PHU BAÏ



Dimanche 11 février

Levés vers 7h00, une Jeep vient nous chercher. Nous prenons le petit déjeuner en ville.
L'arrivée à PHU BAÏ se fait dans un brouillard à couper au couteau.
Vers 10h00, il se léve et nous décollons. En passant au dessus de HUE à basse altitude nous apercevons BELLOUARD qui nous fait des signes.
Le plafond baisse doucement. Après DONG HA le temps est à nouveau bouché et nous allons nous poser à QUAN TRY ou nous déjeunons.
Décollage vers 14h00, le temps est meilleur et nous arrivons à DONG HOÏ à 15h00.
Nous mettons tout en ordre, faisons les pleins, prêts pour demain.
Nous jouons aux boules et vers 18h00 on m'annonce que je couche en ville.
Déception, JACOMINO restant au terrain.
En ville, je suis reçu par un lieutenant de la Coloniale trés sympathique. J'ai une petite chambre correcte et je dine très bien au Mess. Je m'endors de bonne heure assez fatigué. C'est le vingtième jour de voyage.



Lundi 12 février

Je remonte au terrain vers 9h00, mais la météo n'est pas arrivée. Il nous faut attendre midi pour décoller, par un temps assez beau. Nous avons enfilé les "MAE-WEST"(gilets de sauvetage) car nous avons plusieurs heures à voler au dessus de la mer de Chine.
Les régions Nord-Annam et Sud-Tonkin sont entièrement aux mains des Viets, il n'est donc pas question de passer par ces régions dont la ville principale est VINH.
Nous commençons à survoler la mer jusqu'au cap HON-LA, quand d'un seul coup la brume apparait et nous oblige à descendre à 20 mètres de l'eau.
Rien à faire, tout est bouché.
Demi-tour vers DONG-HOÏ, mais à contre coeur. Nous nous posons le moral au plus bas.
Il y a 21 jours que nous sommes partis, l'argent manque, le linge est sale et le décor ne nous intéresse plus beaucoup. Nous déjeunons sans appétit.
Après un peu de toilette et une petite sieste, je profite d'un command-car pour redescendre en ville.
Les fonds sont en baisse, nous pouvons tenir encore un ou deux jours ensuite... Nous aviserons.
Je n'ai plus de linge propre et je ne peux le donner à laver étant susceptible de partir d'un moment à l'autre

 


Déprime à DONG-HOÏ